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Je fis signe à l’une des
deux surveillantes d’enlever les menottes à la femme que j’avais convoquée.
Tandis que cette dernière se massait les poignets, elles s’éclipsèrent pour
attendre dans le couloir. Bénédicte Legendre, avocate de son état, se calla
confortablement dans son siège et attendit, l’air absent. Elle avait la trentaine,
blonde, un peu maigre, de grands cernes de fatigue soulignaient ses yeux bleus.
Je saisis mon stylo, mes formulaires et mon bloc note. J’avais été désignée
comme expert psychiatre par le Tribunal pour cerner la personnalité de Bénédicte
Legendre, afin de savoir si elle était responsable de ses actes, dans le cadre
d’une affaire d’agression. Elle avait été condamnée à dix mois de prison fermes
avec obligation de soins et j’étais chargée du suivi psychiatrique. Cette tâche
ne m’enchantait guère, je connaissais cette femme pour l’avoir souvent croisée
dans les couloirs du Palais de Justice. Il ne lui restait plus qu’une semaine
à faire et je devais préparer sa sortie de prison et nos prochains entretiens.
Après avoir pris connaissance et noté sur le formulaire son état civil, je levai
vers elle un regard interrogateur. Elle se redressa légèrement et lorgna sur
mon paquet de cigarettes. Je le poussai vers elle. Un signe de tête pour me
remercier et, après la première bouffée, elle commença son récit. Tout a commencé
ce jeudi, vers 16 heures. Je sortais du Tribunal où je venais de plaider à la
chambre d’instruction, une demande de mise en liberté, qui d’ailleurs avait
été refusée. Au moment où j’allais ouvrir la portière de ma voiture, une fille
est sortie du parc municipal en courant, poursuivie par un jeune homme qui,
visiblement, en voulait à son sac à main. Elle a trébuché et chuté lourdement
sur le trottoir. Je me suis précipitée et ai réussi à m’emparer du sac avant
lui. A la vue de mon Smith et Wesson, un calibre 6-35, le loubard à détalé comme
un lapin. - Vous possédez une arme ? Aimez-vous les armes ? - J’ai un permis
pour ça ! J’ai horreur des armes à feu ! Quelques fois je défendais des victimes
de gangs réputés violents ! Ma vie était menacée ! - Je comprends ! Poursuivez,
Maître ! J’ai aidé la jeune fille à se relever et lui ai demandé si elle voulait
que je l’accompagne aux urgences : elle a refusé et, comme j’insistais, elle
a accepté que je l’accompagne à son domicile. Elle était sonnée et surtout choquée
par cette mésaventure. Une fois chez elle, je nous ai fait du café et, comme
elle avait le visage souillé de poussière et de sang, je la fis asseoir sur
le bord de la baignoire et entrepris de lui nettoyer le visage. - Et voilà !
J’ai fini ! Pour la bosse sur la tête, je ne peux rien faire, il faut attendre
que ça passe ! Lui dis-je, en essorant le gant de toilette. Comme son pantalon
était taché de sang, j’entrepris de le lui enlever pour pouvoir soigner ses
blessures au genou gauche. Elle souleva les fesses pour m’aider. Tout en passant
du coton imbibé de désinfectant sur la plaie, j’admirai ses superbes jambes
dont la peau si douce me faisait saliver. Quand elle a levé son visage vers
moi, j’ai eu un choc. Elle était belle, si belle. Je ne l’avais pas encore remarqué.
Son regard vert était si doux, si tendre, plein d’innocence, son visage si angélique.
Je suis tombée amoureuse tout de suite. Ce qui m’attirait le plus sur ce visage,
c’était sa bouche, si parfaite, qui lui donnait cet air encore enfantin. Nous
avons discuté autour d’un café. J’ai appris qu’elle avait 20 ans, et qu’elle
poursuivait des études en psychologie. De temps en temps, nous nous regardions
longuement. Je rentrai chez moi extrêmement troublée. J’avais une vie sexuelle
tout ce qu’il y a de plus normale, faite de liaisons plus ou moins longues,
avec des hommes. Et voilà que quand Céline posait ses yeux sur moi, j’avais
un point à l’estomac, mes boyaux se tordaient, le désir montait en moi… Cette
nuit-là, je n’ai pratiquement pas dormi. Le lendemain, en fin d’après-midi,
je suis retournée la voir, histoire de prendre de ses nouvelles. En fait, j’avais
attendu ce moment là toute la journée. Une fois entrée dans son studio, elle
me tendis la joue. Nous nous fîmes deux bises. Au contact de sa peau, mon ventre
se crispa. Je n’avais qu’une envie, la serrer contre moi. Nous bûmes à nouveau
du café, parlâmes un peu de nos vies respectives. Souvent, elle jouait de ses
doigts avec la ceinture de sa robe de chambre. J’admirais son abondante chevelure
brune qui tombait en cascade sur ses épaules. De temps à autre, elle plantait
son regard dans le mien. J’avais la vague impression qu’elle le faisait exprès,
comme si elle connaissait l’émoi qui me tourmentait. Quand elle se leva pour
m’accompagner à la porte, la ceinture de son vêtement se délia et les pans de
sa robe de chambre s’ouvrirent, dévoilant un corps superbe. Je tombai en arrêt
devant le triangle sombre de son bas ventre, qui tranchait avec la blancheur
diaphane de sa peau, puis remontai les yeux vers ses seins, deux globes fiers,
surmontés chacun d’une petite cerise rose sombre, si appétissante. Sans pouvoir
me contrôler, je tendis les bras et lui saisis doucement la taille, pour attirer
Céline contre moi. Le contact de sa peau tiède, son odeur corporelle décuplèrent
l’émoi qui me tenaillait. Je posai mes lèvres contre les siennes, elle se laissa
faire et nos langues se trouvèrent rapidement. D’un mouvement des épaules, elle
fit glisser sa robe de chambre à terre. Et voilà, elle était toute nue, contre
moi, sa bouche soudée à la mienne. Je sentais ma culotte se mouiller rapidement.
Elle a passé ses bras autour de mon cou. Notre premier baiser a été très long,
plein de tendresse, de sensualité. Puis, j’ai enfoui mon visage dans ses cheveux.
- Céline ! Tu es si belle ! J’ai tellement envie de toi ! Soupirai-je à son
oreille. - Déshabillez-vous ! Dit-elle, en s’écartant de moi. Pendant qu’elle
dépliait le canapé convertible, j’ôtai mes vêtements. Je l’observai à la dérobée,
mon envie grandit encore. Quand elle eut terminé, elle se retourna, se colla
contre moi, et cette fois notre baiser fut violent, sauvage, passionné. Son
corps était brûlant contre le mien. Nous nous serrâmes très fort, j’avais envie
qu’elle se fonde en moi. C’est elle qui a fait tomber ma culotte. Elle a passé
sa main entre mes cuisses. - Vous êtes déjà toute mouillée ! Constata-t-elle,
un sourire ingénu au coin des lèvres. Je m’allongeai à côté d’elle et, en appui
sur un coude, l’embrassai à nouveau. Elle enlaça ma nuque, nos baisers étaient
gourmands, torrides, voluptueux. Mon autre main parcourait son ventre, ses seins
fermes, j’effleurais les pointes tendues de désirs. Ses lèvres étaient de satin,
brûlantes, sa langue si douce. Quand elle investissait ma bouche, je la suçais
comme un pénis, lui tirant des soupirs qui en disaient long sur ses envies.
Longtemps, je caressai avec délicatesse la toison de son pubis. Son bassin ondulait
imperceptiblement, son ventre se creusait sous les décharges électrisantes de
mes attouchements. Puis, je caressai ses lèvres avec les miennes, bouche ouverte.
Bientôt nos joues étaient maculées de salive. Nous finîmes par nous lécher mutuellement
le visage en riant et gloussant de plaisir. Elle remonta les pieds vers ses
fesses, écarta les genoux. - Continuez à m’embrasser ! m’a-t-elle dit. Du coin
de l’œil, je regardai sa main fouiller son intimité, Alors que l’autre agaçait
son clitoris. Le va et vient de ses doigts provoquaient un gargouillis délicieux
entre ses cuisses. Si vous saviez comme elle est craquante quand elle se caresse,
quand son visage d’ange se crispe sous l’orgasme. Céline atteint très vite la
suprême jouissance, qui secoua tout son corps. Elle me tendit sa main. Je la
léchai avec avidité. - Vous pouvez me goûter mieux que ça, vous savez ! M’encouragea-t-elle.
Je me glissai prestement entre ses jambes et embrassai goulûment son puits d’amour.
Je me délectai de son plaisir qui inondait ma bouche. Son nectar était mi-salé,
mi-sucré. Ma langue faisait d’amples mouvements de haut en bas, plongeant de
temps à autre dans sa grotte merveilleuse. Ses gémissements se transformèrent
en râles, puis en cris de plus en plus forts et rauques. Soudain, ses mains
agrippèrent brutalement ma tignasse, plaquant ma figure dans ses replis intimes.
Tout son corps se tendit comme un arc, un cri aigu sortit de sa gorge. Après
quelques secondes, Céline retomba sur le matelas, pantelante, essoufflée. La
pression de ses mains sur ma tête se relâcha. A genoux entre ses cuisses, je
la contemplai. Elle ouvrit les yeux et me sourit. Puis, elle se redressa, me
serra contre elle. - Vous aussi, vous êtes merveilleuse ! Me souffla-t-elle
à l’oreille. Je crois que j’ai passé la plus belle nuit de ma vie. Bénédicte
Legendre marqua une pause, les yeux larmoyants, la déglutition difficile. Je
lui tendis une boîte d’eau gazeuse et frappai le paquet de cigarette avec le
bout de mon stylo pour lui signifier qu’elle pouvait se servir, ce qu’elle fit
en remerciant d’un signe de tête. Céline et moi avons fait l’amour toute la
nuit. Nous n’avons même pas pris le temps de dîner. Pas un millimètre carré
de sa peau n’a échappé à ma bouche. Au petit matin je connaissais son corps
par cœur, dans les moindres recoins. J’ai vite renoncé à compter le nombre de
fois où elle et moi avons joui. Je me suis saoulée de sa liqueur de fille. Nous
nous sommes dit des mots d’amour, des choses complètement insensées : bref,
c’était le coup de foudre. Quand j’ai ouvert un œil, au petit matin, je me suis
aperçue que je n’avais dormi que trois quarts d’heure. J’étais nue contre elle,
le corps maculé de sa mouille, de la mienne aussi. Ma bouche et mon bas ventre
étaient endoloris, tant nous nous étions embrassées, sucées, masturbées mutuellement.
Nous sentions la femelle. J’ai eu un mal fou à couper l’alarme de ma montre.
Céline dormait profondément. J’allai, la peau craquelante, en titubant sous
la douche. Une fois propre et vêtue, j’avalai en vitesse un café soluble. Au
moment de sortir, une poigne ferme me retint. - Restez avec moi ! Supplia presque
Céline. - J’ai quelques plaidoiries aujourd’hui, mais je reviens vite, c’est
promis ! Elle m’embrassa avec passion, langoureusement. - Ce soir, je vous réserve
une surprise ! M’a-t-elle annoncé, en se caressant. A ce moment là, j’ai compris
que j’étais dingue d’elle et qu’elle avait le pouvoir de me faire faire tout
ce qu’elle voudrait. Je me redressai sur mon siège et signifiai à Bénédicte
Legendre que l’entretien était terminé. Je glissai mon paquet de cigarettes
dans sa poche, elle me sourit. A la gardienne qui la menottait, je remis une
convocation pour le lendemain matin. Une fois seule, je relus mes notes. En
passant la main entre mes cuisses, je remarquai que mon petit slip était trempé.
Le Lendemain. Comme la veille, après avoir retiré ses menottes, les deux gardiennes
sortirent dans le couloir. Je tendis à Bénédicte Legendre la synthèse que j’avais
couchée sur le papier, la veille au soir. Je l’avais concoctée dans mon lit,
en lisant et relisant mes notes tout en me livrant aux plaisirs solitaires.
En fait, dans mon interrogatoire, j’étais sensée me borner à une étude de sa
personnalité et Maître Legendre le savait bien. Pourtant, elle ne faisait aucune
difficulté à répondre aux questions indiscrètes que je lui posais. Ma curiosité
était piquée au vif. Sans doute avait-elle besoins de se confier. Je compris,
cette nuit là, que je ne ferais rien pour me soustraire aux charmes de cette
femme si séduisante. Elle alluma une cigarette et consulta mes écrits. J’attendais,
le stylo en suspend. La jeune femme reposa le feuillet et continua son récit.
Maître Fabienne Steiner, mon associée, est venu à ma rencontre devant la salle
d’audience de la chambre civile. Elle s’est esclaffée : - Et bien ! Tu en as
une tête ! Tu as baisé toute la nuit ? Bref, j’ai bâclé mon travail. Je n’ai
vécu que pour le moment où je retrouverais Céline, pour être dans ses bras,
me rouler sur le lit avec elle. Quand je suis rentrée à son domicile, vers 17
heures, elle était déjà de retour de la fac. Avant que j’aie posé mon sac par
terre, elle avait jeté sa robe de chambre au sol. La surprise me sauta tout
de suite aux yeux. Son sexe était entièrement rasé. Elle n’en était que plus
jolie, avec son air encore plus juvénile. Elle était si désirable, ma Lolita.
Elle s’assit au bout du convertible. Je lui saisis les pieds et commençai à
embrasser et sucer ses orteils. Je remontai le long de ses jambes, les baisant
alternativement. Son mont de Vénus perlait déjà d’une rosée que j’avais hâte
de goûter. L’odeur de son plaisir naissant me rendait folle. Je me déshabillai
à toute vitesse, jetant vêtements et sous-vêtements n’importe où dans le petit
studio. Nous jouâmes longtemps, bouche contre bouche, seins contre seins, bassin
contre bassin, peau contre peau, à s’en faire mal, se délectant de nos senteurs
corporelles. Nos corps se frottaient l’un contre l’autre en de voluptueuses
contorsions. Après une multitude de caresses volcaniques et quelques orgasmes
brûlants, nous décidâmes de passer la nuit chez moi, j’avais des dossiers à
récupérer et il fallait bien que je change de vêtements. En fait, ces 2 dernières
années, nous vécûmes tantôt chez l’une, tantôt chez l’autre. Nous étions très
amoureuses. - Parliez-vous de vos sentiments mutuels ? L’interrompis-je. Tout
au début de notre liaison, un soir que j’étais dans la salle de bain, elle entra
et me regarda, nue devant le miroir, en train d’étaler de la crème hydratante
sur mon visage. Elle m’a tourné face à elle, puis a passé ses bras autour de
mon cou et m’a demandé : - Tu l’aimes ta petite gouine ? Nous nous sommes embrassé
tendrement. Ses yeux attendaient une réponse : - Tu sais bien que je suis folle
de toi ! - Ce n’est pas que pour la baise, n’est-ce pas ? - Mais non, Céline
! Je t’aime ! Elle est sortie et, à son retour de réunion estudiantine, elle
est venue me rejoindre dans notre lit où je relisais pour l’énième fois une
plaidoirie. Ce soir-là, Céline et moi n’avons pas fait l’amour. Couchées sur
le côté, face à face, nous avons passé une partie de la nuit à nous embrasser
amoureusement, en nous disant à quel point nous nous aimions, à grands coups
de déclarations enflammées. Bénédicte Legendre poussa un profond soupir et sortit,
d’un geste nerveux, une nouvelle cigarette du paquet. Je l’observais à la dérobée.
Je constatai qu’elle avait l’air plus reposé, que ses cernes étaient moins prononcés.
Sans doute sa confession avait elle soulagé son mental. Après une grande rasade
de Coca light, elle poursuivit son récit : Nous vivions toujours toutes nues,
même pour manger ou regarder la télé. Quand nous étions toutes les deux habillées,
c’était pendant nos sorties aux restos ou au cinéma. Souvent, nous étions assises
dans un fauteuil, elle en face de moi, les pieds sur mes accoudoirs, les miens
sur son assise, cuisses écartées. Nous nous masturbions comme des folles en
nous regardant tendrement. Nous ne nous lassions pas de faire l’amour. Nous
aimions nous battre comme deux gamines turbulentes, à coups de polochons, jusqu’à
ce que nous tombions sur le lit, épuisées, à bout de souffle, échevelées, ruisselantes
de sueur. Elle, à genoux au-dessus de ma tête, moi cramponnée à ses hanches,
lui butinant sa douce et tendre fleur. Nous passions notre langue sur la peau
de l’autre. Je voulais tout d’elle, elle voulait tout de moi. Elle alluma nerveusement
une autre cigarette et vida le reste de la boîte de Coca-Cola. Céline a tout
de suite deviné qu’elle avait un pouvoir total sur moi. Comme je le disais,
elle était très amoureuse et savait que moi j’étais carrément dingue d’elle,
charnellement droguée de son corps. Au début, elle en a profité par malice,
par espièglerie. Mais après… Après, j’ai fait n’importe quoi pour elle. Par
exemple, un jour, elle m’a dit qu’elle avait vu en vitrine un superbe ensemble
de sous-vêtements. Je lui ai dit que ma situation financière était difficile.
Elle a boudé et refusé mes caresses pendant plusieurs jours. J’ai cédé. Ce soir
là, j’ai eu droit à un streep-tease sulfureux, avec ses nouveaux sous-vêtements
très sexy. Une autre fois, alors que la chaleur estivale était étouffante, elle
m’a demandé de plaider nue sous ma robe d’avocat. Je l’ai fait. Au sortir de
l’audience, Céline était là, parmi les spectateurs. Elle est montée avec moi
dans les vestiaires réservés aux avocats et là, s’est agenouillé, puis est passée
sous ma robe et, cramponnée à mon bassin, a amoureusement butiné mon intimité.
J’ai mordu le tissu épais de ma toge pour étouffer mes cris de jouissance, j’avais
peur d’être entendue par des confrères, non loin de nous. Bénédicte Legendre
marqua un temps d’arrêt, attendant mes questions. - Vous étiez donc amoureuse
à ce point ? Fis-je, songeuse et, surtout, envieuse. Elle compris que je voulais
d’autres exemples et ne s’en étonna pas. Au fond de moi, j’avais honte de jouer
la voyeuse, l’indiscrète. J’avais honte de profiter de ma situation de psychiatre
expert. Je signifiais à Bénédicte Legendre que notre prochaine séance aurait
lieu le mercredi suivant, non plus ici à la prison, mais en mon cabinet personnel.
Sachant qu’elle serait libérée lundi, je voulais absolument savoir ce qu’elle
allait faire avant notre rendez-vous de mercredi. Le mercredi suivant sa libération.
Je m’effaçai pour laisser entrer l’avocate et allai m’asseoir à mon bureau,
en face d’elle. Comme j’avais attendu ce moment-là ! Tout en ouvrant son dossier,
je l’observais par-dessus mes lunettes. Elle avait l’air épuisé, mais ses yeux
brillaient d’un éclat que je ne leurs connaissais pas. Elle sortit un paquet
de cigarettes et me le tendit. Compte tenu du symbole que cela représentait
pour elle, j’en acceptais une. - Comment se passent ces premiers jours de liberté
? M’enquis-je. Un large sourire fendit son fin visage. Elle prit le temps de
tirer sur sa cigarette et de souffler la fumée vers le plafond, toujours souriante,
les yeux rêveurs. Et bien, la porte de la prison c’est refermée derrière moi,
me laissant sur le trottoir, un peu désemparée avec mon sac de sport en bandoulière.
Je fus très étonnée par la tenu de mon appartement. Pas d’odeur de renfermé,
tout était nickel-chrome et il y régnait un parfum de propre. Je décidai de
remettre à plus tard la résolution de ce mystère. J’ai tout de suite pris une
douche pour me débarrasser de l’odeur ambiante de la prison qui m’imprégnait.
Puis, j’errai un bon moment dans les rues et, tout naturellement, mes pas me
conduisirent dans le quartier où habitait Céline. Il fallait que je sache. Dix
mois sans nouvelles d’elle… Mon cœur fit un bond : son nom était encore là,
sur la sonnette. Quelqu’un sortit et, sans réfléchir, je retins le battant de
la porte et entrai dans le couloir. Comme une somnambule, j’allai jusqu’à sa
porte et frappai doucement. Pas de réponse... Pourtant, j’entendais la télé
en sourdine de l’autre côté. Sans pouvoir me contrôler, j’ouvris doucement la
porte qui, par chance, n’était pas fermée à clef. Aussitôt, les senteurs familières
de l’endroit m’assaillirent. Ma gorge se noua, le sang battait à mes tempes.
Le studio était vide. Soudain, j’eus envie de prendre les jambes à mon cou...
Et si elle n’était pas seule ! Mais, la curiosité l’emporta et je jetai un œil
dans la salle de bain d’où j’avais vu de la lumière filtrer. Céline était là,
devant son miroir, vêtue d’une courte nuisette. Elle brossait ses longs cheveux
et je l’observai un bon moment, les jambes en coton, au bord de l’évanouissement.
S’apercevant d’une présence, elle tourna la tête et posa sur moi un regard d’abord
étonné, puis inexpressif. - Tiens, ils t’ont libérée ? Dit-elle, en reportant
son regard vers le miroir. - Oui ! Répondis-je timidement. Finalement, elle
reposa sa brosse et me fit face, le regard perçant. Elle était toujours aussi
jolie, désirable et me faisait toujours autant d’effet entre les cuisses. J’étais
déçue, j’aurais voulu qu’elle me saute au cou, mais rien de cela. Pour le moment,
elle attendait... - Tu m’as manqué, Céline ! Bredouillai-je. - Vraiment ? Pourtant,
la dernière fois que tu étais en face de moi, j’ai reçu quelques gifles ! -
Ce jour-là, de retour du tribunal, je t’ai trouvé avec une de tes amies a demi-nue,
assise sur tes genoux, ça m’a rendu folle de jalousie ! Me justifiai-je. - Oui
! Et quand tu es repartie, j’ai appelé le SAMU ! Elle n’était pas belle à regarder
! - Bon, je ne vais pas t’importuner plus longtemps ! Je voulais simplement
te revoir ! Fis-je, les yeux larmoyants. Alors que je m’en allais, une poigne
solide me retint par la tignasse : je fis volte-face. - Tu m’as manqué aussi
! Dit-elle sèchement. J’éclatai alors en sanglots et arrivai cependant à articuler
: - Pourquoi n’es-tu jamais venue au parloir ? - Je t’en voulais ! Tu sais bien
que je suis boudeuse ! Tout en disant cela, ses yeux plantés dans les miens,
un sourire naquit sur ses lèvres. Après quelques secondes, nous éclatâmes de
rire. - Tu m’en veux ? S’enquit-elle. - Oui, petite salope, terriblement ! Je
devrais t’arracher les yeux ! Soufflai-je, feignant la colère. - Tu m’aimes
toujours ? Tu es toujours amoureuse de moi ? Je passai mes bras autour de son
cou et déposai un baiser sur sa bouche. L’odeur de son corps fit remonter une
foule de sensuels et voluptueux souvenirs. - D’après toi, pourquoi suis-je là
? - Pourtant, les occasions n’ont sans doute pas manqué, en prison ? Voulut-elle
savoir. - Mes codétenues me foutaient la paix, moyennant mon bagage en matière
de droit ! Et toi, as-tu quelqu’un ? L’angoisse devait se lire sur mon visage,
car Céline prit tout son temps pour répondre, me soumettant à une terrible torture.
Après quelques coups de brosse nonchalants, elle dit enfin : - Non ! Et, avant
que tu me fasses une crise de jalousie dont tu as le secret, j’ajouterais que
depuis ton coup d’éclat, il n’y a eu personne ! Elle reposa sa brosse et poursuivit,
l’air innocent, pour me provoquer : - Au fait, veux-tu du café ? Celui de la
tôle devait être dégueu, non ? Alors qu’elle passait devant moi pour aller à
la cuisine, je la retins par le bras et lui dis doucement : - Je t’aime toujours,
ma petite Lolita ! Tu es toujours ma petite gouine à moi ! Un large sourire
éclaira son visage. Je la regardai réchauffer du café au micro-onde, elle savait
que j’ai horreur de ça. Je protestai. Pour toute réponse, elle me dit, en me
tendant la tasse : - Tu t’en contenteras, et magnes-toi à le boire, j’ai envie
de toi ! Je faillis m’étrangler, tandis qu’elle éclatait de son rire de cristal.
- Mais il est brûlant ! M’indignai-je. Elle me prit d’autorité la tasse des
mains et planta son regard dans le mien. Il était troublé par le désir. Mes
mains repoussèrent les fines bretelles de sa nuisette. Celle-ci glissa lentement
à terre. - Tu es toujours aussi belle, Céline ! M’extasiai-je. Je me déshabillai
à mon tour et, main dans la main, nous gagnâmes son lit. Je roulai sur la couverture,
tantôt sur Céline, tantôt dessous, nos bouches soudées en un baiser frénétique,
fougueux, violent, douloureux. A bout de souffle, nos lèvres se séparèrent.
Puis, d’un geste maternel, elle me coucha sur le dos. Je fermai les yeux, j’étais
de nouveau au paradis. Ce fut, pour moi, une succession de caresses brûlantes,
d’orgasmes provoqués par des doigts habiles et une langue d’une redoutable précision.
Quand Céline se pencha sur moi, son visage était luisant de ma mouille. J’étais
épuisée, pantelante, à force de jouissance. Je passai ma langue sur son visage
qui, maintenant, respirait le bonheur. - Si tu savais, Céline, comme j’ai attendu
ce moment ! Murmurai-je. Elle se mit à genoux, face à moi, au-dessus de ma tête,
les mains en appui sur le mur. Je pus admirer son sexe, toujours aussi lisse,
débordant de son nectar. Je saisis ses hanches et l’embrassai à pleine bouche
Avec une lenteur calculée, je passai ma langue du clitoris à la raie des fesses,
arrachant à mon amour de petits gémissements de plaisir. J’embrassai son intimité
comme si c’était sa bouche, la fouillai avec gourmandise. Après de longues et
merveilleuses minutes de ce traitement, son corps se crispa, ses mains agrippèrent
la tapisserie, son front se colla au mur et mon visage fut inondé de sa liqueur.
Avant qu’elle ne change de place, j’introduis un doigt, puis deux, et enfin
un troisième dans son minou. En même temps, je caressai de ma langue son bouton.
Rapidement, un second orgasme secoua ma Lolita. Je buvais avec avidité son miel
si délicieux. - Il faut que j’aille pisser ! Dit-elle, une fois calmée. Je la
retins par les hanches. Elle baissa la tête pour me regarder, l’air incrédule.
- Allez ! Déconnes pas ! Faut que j’y aille ! Ce qu’elle lut dans mes yeux lui
fit arrondir les siens d’étonnement. - Je veux tout de toi, ma Céline ! Je t’aime
à ce point ! Le panorama que j’avais de son entre cuisse valait bien tous les
panoramas du monde. Après un moment d’hésitation, un jet tiède éclaboussa mon
visage, puis un second et un troisième. Puis, d’un mouvement de bassin, Céline
se soulagea d’un seul coup, arrosant ma poitrine et mon ventre. Elle se redressa
sur ses genoux et ma bouche prit à nouveau possession de son mont de Vénus.
Le front contre le mur, elle poussa avec ses mains mon visage contre son sexe,
étouffant mes gémissements de bonheur dans les replis de son intimité. Un autre
orgasme lui arracha un cri presque plaintif. Sous mon regard attentif, elle
se fouilla méticuleusement et me fit lécher ses doigts. D’un bon, elle sauta
du lit et se pencha sur moi. - Allez ! Sale fille ! A la douche ! Tu pues la
pisse ! Elle disparut vers la douche en riant aux éclats. Nous restâmes longtemps,
à nous savonner mutuellement, à mains nues. Une fois enveloppées chacune d’une
grande serviette, elle demanda : - C’est pas tout ça ! Où va-t-on dormir maintenant
? - Et bien, il reste le convertible ! Lui dis-je. . A suivre
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