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Nous nous sommes rencontrés par hasard lors d’une exposition d’art africain, dans une galerie de la rue Saint-Denis, à Montréal, bien sûr, presque une année auparavant. En admiration devant le même masque, celui d’un « Sorcier », nous avions échangé nos impressions. Puis, il avait continué en me parlant de ce coin d’Afrique, berceau de l’humanité, où il avait vécu pendant quelques années et je l’avais écouté, fascinée, buvant littéralement chacune de ses paroles. La journée avait filé à une allure folle et il était déjà assez tard, lorsqu’il m’avait proposé d’aller prendre un verre dans un bar des environs. Je l’avais suivi. - Au fait, je m’appelle Gilles, m’avait-il dit à peine assis. - Et moi Marie… - Enchanté Marie… - Moi de même… - On pourrait se tutoyer, non? C’est plus sympathique et tu sais presque tout de ma vie, maintenant… avait-il ajouté en riant. Et bien sûr, j’avais ri aussi en acquiesçant à sa demande. Puis, la discussion s’était poursuivie … - Et toi, as-tu beaucoup voyagé ? m’avait-il demandé. - Un peu mais, plus je vieillis et plus je deviens casanière. - Oui, je comprends. Mon métier m’emmène encore à voir du pays mais, j’aime toujours cela, heureusement. Je travaille pour une compagnie d’aviation… Air Canada pour ne pas la nommer, avait-il chuchoté en riant. - Bien sûr, je la connais… Es-tu pilote ? avais-je demandé. - Non… Simple directeur aux ressources humaines. Ah ! Les femmes et le prestige de l’uniforme… - Les uniformes ne me fascinent pas, quels qu’ils soient… désolée ! - Oh ! mais, ne le sois pas… Je n’en porte pas ! Je lui avais raconté ensuite mes voyages et cet amour infini de j’avais moi aussi pour l’Afrique, l’envoûtement et la fascination qu’elle exerçait sur moi. Afrique sauvage, primitive et parfois rebutante, lorsque me revenaient en mémoire les marchés en plein air et les mouches volant sur les étals de viande… Afrique mystérieuse et ensorcelante quand, au rythme des tam-tams, les corps se mettaient à bouger, magnifiques dans leur lascivité puis, comme sous l’effet d’un maléfice, libres de toute entrave, se déhanchaient, se déchaînaient et entraient en transe plus les heures passaient… Comment décrire l’Afrique? L’Afrique on la ressent, on la rêve, on la vit ! - C’est drôle, j’adore l’Afrique et, pourtant, je n’ai jamais essayé de la peindre… avais-je soudain réalisé, murmurant à voix haute le fil de mes pensées. - Oh !… tu es une artiste… - Y aurait-il dans ce « oh ! » un quelconque signe de désapprobation ? avais-je demandé en riant. - Non… non… absolument pas ! C’était plutôt un « oh ! » d’agréable surprise…D’ailleurs, j’aurais dû m’en douter… - Ah bon , pourquoi ? - Cette douceur qui émane de toi et ce côté un peu rêveur. L’émotivité, la sensibilité… Et, surtout, cette sensualité qui se dégage de tes gestes même les plus anodins… - Oh ! lala !… Stop !!! Arrête !!! avais-je ordonné gentiment. - Tiens, même dans la façon de tenir une cigarette, tes mains sont pleines de grâce… Elles sont belles… des mains d’artistes ! Je m’étais mise à rire, un peu gênée, et en même temps, mon « Monsieur Cynique » montrait le bout de son nez… J’appelle ainsi, cette petite voix qui me trotte dans la tête lorsque je viens à douter des gens et de leurs belles paroles. Mais, je le repoussais vivement, ce vilain cynisme, et regardais ma montre. - Il est assez tard… - Oui, je le sais… Quelqu’un t’attend ? m’avait-il alors demandé. - En effet… - Bien sûr… Moi aussi sans doute ou peut-être pas. Je crois qu’elle avait un rendez-vous ce soir. Je ne me souviens pas… semblait-il dire pour lui-même. Tu as des enfants ? - Deux… mais, ils n’aimeraient pas que je les appelle des enfants… Ils sont assez vieux… - Oui, je connais cela, j’en ai deux aussi ! Appelons-les des adolescents. - Voilà… - Marie… crois-tu que nous pourrions… nous revoir ? - Je ne sais pas… - J’aimerais… J’ai vraiment passé une merveilleuse journée et je suis bien avec toi… avait-il dit en souriant. As-tu aimé ta journée aussi ? - Oui…bien sûr… elle était très agréable… - Le téléphone à la maison, c’est un peu risqué et au boulot c’est un peu plus compliqué mais, je pourrais te laisser mon adresse e-mail… As-tu l’Internet ? - Oui, je l’ai… - Alors, tiens… avait-il murmuré en griffonnant sur la nappe de papier. Tu me donnes la tienne ? Je la lui avais donnée et peu après nous nous quittions, avec un sage baiser sur les joues. Deux heures plus tard, j’avais déjà un e-mail dans ma boite. Il me parlait de cette journée, combien il l’avait appréciée et son espoir de recommencer. Je lui répondais aussitôt et allais me coucher. La nuit avait été passablement agitée... Dans mes rêves, de magnétiques yeux verts se mélangeaient à des masques de « Sorciers ». La magie noire s’exerçait et j’imaginais déjà une poupée vaudou à mon effigie, criblée de petites et agaçantes aiguilles. Je me réveillais plusieurs fois durant la nuit, angoissée et transpirante, cherchant le « je ne sais quoi » qui me perturbait. Peut-être un sentiment confus d’avoir triché un peu, en lui taisant que j’étais une divorcée ou cette latente et consternante culpabilité qui me faisait désirer un homme marié. Car il m’avait plu ce géant voyageur et, tandis qu’il me parlait, j’avais plusieurs fois imaginé la douceur de sa bouche, celle de ses mains et le poids de son corps qui couvrirait le mien… La matinée était déjà bien avancée lorsque je me levais. Après avoir avalé un café et une tartine, j’allumais mon ordinateur. Un autre e-mail m’attendait. Gilles me parlait de la nuit un peu agitée qu’il avait passé et réitérait son désir de me revoir puis me proposait un site où nous pourrions nous « parler » sur le net. Je lui répondais et installais le fameux « messenger » qui me permettrait de le contacter ou inversement. A vingt heures, ce soir-là, il serait là et me donnait rendez-vous. La journée passait dans une extrême lenteur et mon inspiration me faisait cruellement défaut. Toutes mes pensées convergeaient vers cet homme, dont je ne savais rien ou presque, et qui me plaisait… Pourtant, j’étais très bien seule… Personne pour me dire d’aller me coucher si ma muse me taquinait ou pour me critiquer si le ménage n’était pas fait. Au fond, c’était peut-être cela qui m’attirait en lui… Le fait qui soit marié… Ainsi, pas d’invasion et encore moins d’incrustation dans cet univers un peu bohème que je m’étais crée et qui me satisfaisait pleinement. Le soir arrivait enfin et, avec lui, je retrouvais l’objet de toutes mes pensées. Après les salutations d’usage et les espoirs d’une éventuelle et prochaine rencontre, nous parlions de nous et de nos vies, nous promettant de nouveaux rendez-vous virtuels pour commencer… Il en fut ainsi pendant deux mois où, d’aveux en confidences, de secrets en révélations, nous nous autorisions, au fil des heures, une liberté de plus en plus grande, qui inévitablement, déboucherait sur une complicité et une intimité absolue. Puis, un soir, tout avait basculé. - J’aime cette liberté que j’ai avec toi de tout dire et de tout faire… Tu me fais bander c’est comme ça et je ne lutte pas contre de tels désirs. Je veux savoir quel goût a l’amour, en vrai, avec toi… Je veux… - Viens… Et il était venu… Un instant fou où un mot, un seul mot, avait suffit pour que, vingt minutes après, je le voie apparaître devant chez moi. - Marie… avait-il murmuré la porte à peine ouverte, avant de me plaquer contre le mur, me dominant de sa grande taille. Je sentais mon cœur battre furieusement dans ma poitrine, la tête me tournait... Ses lèvres se posaient sur ma joue, glissaient sur mon cou... Je percevais l'urgence de son désir contre mon ventre et le mien était tout aussi grand!!! J'avais tant rêvé de cet instant! Il me collait contre lui, sa bouche dévorant la mienne... Je sentais ses mains se promener sur moi et les miennes s'agripper à ses cheveux... Sa langue était douce et provocante... La tête me tournait et soudain, j'oubliais tout... Au diable sa vie, la mienne... Ses mains étaient belles, douces... Je les avais tellement souhaitées sur moi et les voilà qui me déshabillaient, écartant les tissus, déchirant les dentelles pour se poser enfin sur ma peau nue, alors que les miennes faisaient sa découverte à lui... - Où est ta chambre? me demandait-il haletant. Mais, déjà , intuitivement, il en connaissait le chemin. - Je veux tout de toi… donne-toi.. je veux tout... murmurait-il contre mes lèvres en basculant sur le lit, m'entraînant avec lui. Puis, il prenait mon visage entre ses mains, m'embrassait passionnément en me renversant sous lui et je le sentais enfin s'enfouir en moi.... au plus profond de moi.... Ses coups de hanches m'emplissaient de plaisir, pendant que mes jambes s'enroulaient autour de sa taille et mes bras autour de son cou et que je le suivais dans cette danse parfois lascive et tantôt effrénée qu'il m'imposait. Je nous entendais soupirer....souffler... gémir.... et je sentais le plaisir monter en moi, je le voyais monter en lui... toujours plus fort... encore plus vite...jusqu'à cet ultime instant... où dans un même cri... me resserrant sur lui... mes ongles griffant son dos... une vague fulgurante de plaisir nous submergeait et que je le sente jaillir en moi, au plus profond de moi, en longs jets brûlants... les tremblements agitant nos corps, les râles s'échappant de nos bouches... Depuis, nous nous retrouvons ici, lorsqu’il réussit à s’échapper et que je réussis aussi. Pour une heure ou deux, parfois quelques journées, volées au temps et à nos vies, nous goûtons ensemble à tous les plaisirs…Ceux qu’il aime, que j’aime ou que j’ai appris à aimer, sans tabous et sans interdits. Comme ce matin de juillet, où, rentrant après quelques courses, les bras chargés de paquets, je l’avais trouvé dans la cuisine, échevelé, l’œil encore un peu ensommeillé mais, si magnifique dans son boxer noir. Il avait reposé sa tasse de café et aussitôt m’avait soulagée de mon fardeau avant de m’embrasser. Puis, les provisions abandonnées sur le comptoir, alors que je m’apprêtais à repartir vers l’entrée il m’avait retenu par la main. Son regard avait parcouru lentement mon corps, glissant sur ma robe bain de soleil puis sur mes jambes nues et mes pieds chaussés d’escarpins à fines lanières. Toute de noir vêtue, la seule note colorée de ma tenue était mon vernis à ongles et un collier de perles, tous deux d’un rouge flamboyant. - Tu es belle ainsi … avait-il chuchoté. - Je réinvente Stendhal…avais-je répliqué en riant. Allez, je vais me doucher… - Non !!! Attends !!! Je t’en prie… Il m’avait fait asseoir et je l’avais vu alors s’agenouiller devant moi… prendre ma jambe et y déposer de petits baisers de la rotule à la cheville en passant par le mollet. Mon pied entre ses mains, il s’était mis à l’embrasser, glissant le bout de sa langue entre les lanières. - Tu sens tellement bon…le parfum de ta peau et la fragrance du cuir, intimement mêlés… si tu savais comme j’aime… - Gilles ? avais-je chuchoté… Comme dans un rêve, je le voyais s’asseoir par terre puis défaire la chaussure… la porter à son nez, la humer, l’inspirer, puis l’abandonner pour mieux reprendre l’exploration de mon pied. J’étais fascinée par le plaisir qu’il semblait y prendre et que je voyais apparaître entre ses jambes écartées. Sa langue léchait, suçotait mes orteils, passait et repassait entre eux, gourmande et insatiable, avant que sa bouche ne les happe un à un, avide et affamée. Immobile, comme hypnotisée, j’apercevais le boxer se tendre sous la montée de son désir. Je lui avais ensuite doucement retiré mon pied, pour le poser sur son ventre. S’emparant alors de l’autre, il avait recommencé pendant que mon pied libre glissait lentement vers son sexe gonflé, encore prisonnier du sous-vêtement. Troublant que cet émouvant contraste que faisaient le rouge feu de mes ongles sur son ventre bronzé et le noir un peu argenté de sa pilosité. Repliant mes orteils, je réussissais à faire descendre son boxer d’où, impatient et tendu, son membre apparaissait aussitôt, enfin libéré. Je posais doucement mes doigts dessus, arrachant un gémissement à mon amant qui, malgré tout, continuait à prendre son pied en tenant le mien, l’honorant de ses caresses. N’étant pas très chatouilleuse, je ne pouvais pas prétendre que les frissons qui grimpaient dans mon corps étaient dus à des chatouillements. Mais, sans réellement comprendre son étrange désir, de le voir ainsi s’exciter me stimulait véritablement et je sentais, entre mes cuisses, mon sexe palpiter. Soudain il s’arrêtait et plaçait mon pied sur son ventre, avant de s’allonger sur les coudes et de me regarder. Le boxer à mi-cuisses, le dominant du haut de ma chaise, je resserrais mes jambes et emprisonnais son membre entre la plante de mes pieds, les faisant monter et descendre lentement puis, plus vite au gré de son désir et de ses gémissements. Je voyais le plaisir se peindre sur son visage et j’étais prête à le mener jusqu’aux confins de la jouissance mais, il en décidait autrement. Se redressant, il écartait mes pieds, posait ses mains sur mes mollets et les faisait glisser doucement en remontant vers l’intérieur de mes cuisses. Sa bouche prenait aussitôt le même chemin et je sentais bientôt sur mon sexe, à travers la fine étoffe de ma culotte, le velours humide de sa langue et son souffle brûlant. Plaçant ses mains sous mes fesses, il les massait, les pétrissait, me faisant en même temps glisser sur le bord de la chaise, les jambes écartées, offerte à son regard. J’imaginais la vision qu’il avait de mon sexe, à peine voilé par le minuscule slip noir que je portais et qui, déjà, devait être trempé de mon désir de lui. La robe relevée sur le haut de mes cuisses, les poils de ma toison pubienne s’échappant sans doute de l’étoffe tendue de mon string, je me cambrais, la tête renversée, pleinement consciente du tableau licencieux et parfaitement impudique que je lui offrais. Le souffle court, le regard avide, il posait ses doigts sous mon sous-vêtement et le faisait glisser lentement sur mon bas-ventre, mes cuisses puis, mes genoux jusqu’à ce que je le sente tomber à mes pieds dans un bruissement soyeux. Ses mains remontaient ensuite sur mon ventre, sur ma poitrine qu’il dévoilait en abaissant les fines bretelles de la robe qui, aussitôt, s’affaissait sur ma taille. Sa bouche se collait à la mienne, l’entrouvrant, l’envahissant et sa langue s’enroulait à ma langue, pour un baiser sans fin. Alors que je m’apprêtais à l’enlacer, il s’échappait soudain et ses lèvres brûlantes se posaient sur mes seins, les agaçant, titillant leurs mamelons sombres alors qu’en même temps, ses mains en épousaient les rondeurs, les pressant comme des fruits mûrs ou les caressant tendrement comme de fines porcelaines… Le souffle court, haletante, je sentais les frissons courir sous ma peau. Tel un milliard de langues de feu, ils incendiaient mon corps de la tête aux pieds tandis que mon amant descendait sur mon ventre puis se glissait entre mes cuisses. - J’aime ton joli buisson, me disait-il en frottant son nez sur ma toison. Son parfum me rend fou…Et ce goût… ô … ce goût… Sa voix, rauque de plaisir, son nez qui n’en finissait pas de humer, de sentir, ses lèvres brûlantes, audacieuses, qui embrassaient et embrasaient les miennes, plus intimes, les écartant tendrement pour y faire glisser une langue douce et assoiffée. Il m’entraînait plus loin, toujours plus haut vers le plaisir et mon corps n’était plus que languissantes plaintes et délicieux frémissements. Tous deux au bord de la jouissance, il s’allongeait sur le carrelage de la cuisine, me faisait descendre sur son ventre où je venais m’empaler sur son sexe dressé puis, le chevauchait comme une sauvage amazone, nous entraînant très vite dans un orgasme fulgurant. Effondrée sur lui, alanguie et sereine, j’écoutais les battements de son cœur lorsque soudain en riant quelques gouttes s'échappaient de ma vessie. - Oh ! Je suis désolée, m’écriais-je, gênée de m’être ainsi laisser aller. - Non… Vas-y… - Lâche-moi et je pourrais y aller…suppliais-je alors en tentant de lui échapper pour me lever. - Non… riait-il en me maintenant tendrement mais fermement. - Gilles… s’il te plaît… je risque de ne pas me retenir… - Laisse-toi aller… - Quoi ? - Laisse-toi aller… vas-y - Tu veux…que je fasse pipi… ici ?… Sur toi ? - Oui… - Mais, je ne peux pas… - Pourquoi ? - Heu… je ne sais pas… ce serait…humiliant… - Pour toi ? - Mais non… pour toi ! - Non, il n’y a rien d’humiliant puisque je te le demande…C’est agréable… doux… chaud…C’est si bon… - Es-tu sérieux ? - Oui… je suis sérieux…cela te choque ? - Non… non… pas vraiment…mais… - Mais quoi ? - Je ne sais pas… je n’ai… jamais fait cela… murmurais-je en riant. Bien sûr, quelques gouttes s’échappaient de nouveau sur son ventre. Je le voyais prendre un plaisir évident à me sentir ainsi me soulager sur lui… Je tentais bien de tout bloquer mais, un rire nerveux montait dans ma gorge et à chacun de mes ricanements, un petit jet sortait, pour le plus grand bonheur de mon amant. Soudain, il me soulevait un peu et me faisait glisser sur son torse que je continuais d’inonder lui aussi… Essayer de me retenir devenait de plus en plus difficile et ce fut un instant réellement jouissif lorsque, enfin, je me laissais aller et lui offrais la douche dorée qu’il m’avait réclamée. Enfin soulagée, je me sentais, tout à coup, arrachée à son torse et me retrouvais agenouillée au-dessus de son visage… sur son nez, sa bouche et sa langue qui, de nouveau, me humaient, me léchaient, m’envahissaient, semblant se délecter encore et toujours de toutes mes saveurs et de tous mes parfums… Plus tard, beaucoup plus tard, je prenais enfin ma douche et pensais à tout cela. Je m’étais mise à rire en songeant à l’instant où j’avais réussi à m’échapper de la cuisine, non sans lui avoir sorti, auparavant, la serpillière et le balai. Un dernier baiser et je m’étais enfuie… Quelque dix minutes après, il venait me rejoindre… - Bon, la cuisine est propre… A toi de travailler maintenant, Madame l’esclavagiste… Tu vas me laver… murmurait-il en se plantant devant moi de toute son arrogante stature. - Hummm… avec plaisir… mon amour… Du gel de bain au creux de mes mains, je les passais et repassais sur son corps. Je n'avais jamais été voyeuse mais, j'avais envie de le regarder... Je me mettais à envier les bulles qui le recouvraient... J'aurais aimé être cette gouttelette qui partait de son épaule et, avec une affolante lenteur, se frayait un chemin sinueux entre les courbes de son dos. Pour un instant, un instant seulement, devenir cette aérienne mousse, le drapant en entier d'une infinie douceur, m'infiltrant entre chaque pore... chaque pli... même le plus infime. Je le caressais, le frottais, le dessinais et bientôt une plainte s'échappait... la sienne?... la mienne?... nul ne saurait jamais... Elles se mélangeaient... se confondaient... devenant une même unique et longue plainte qui se transformait bientôt en longs sanglots rauques et inachevés, rythmant notre lascive danse puis, devenait un même cri de douce agonie lorsque nous nous laissions engloutir une fois de plus par la déferlante vague du jouir. ******* Je sors de ma rêverie et dépose mes paquets sur le lit. Un coup d’œil à ma montre, une heure encore et il sera là. Deux semaines que je n’ai pas vu Gilles. Deux longues et lentes semaines que j’ai mises à profit pour m’adonner à la création. Sur mes toiles, à l’abri dans mon atelier, les ocres se mélangent aux Terres brûlées et les ivoires aux Terres de Sienne esquissant sur la toile des savanes asséchées, des silhouettes floues. Je peins l’Afrique ! Je la sens ! Je la vis ! Deux semaines où j’ai plongé dans un passé lointain, quelque vingt années en arrière, les albums-photos me révélant ce que ma mémoire a oublié… Ici, le Cameroun…et puis là, le Kenya…Sur celle-ci Douala…sur une autre Nairobi et sur une autre encore le port de Mombasa… Me revenaient, même, le goût et les arômes des ignames, ceux du manioc et des bananes de plantain…Je revoyais les Massaïs vivant dans les « kraals », de petits groupes de huttes, faites de bouses de vaches, construites par les femmes. Je revivais les « rites de passage » et les cérémonies puis, à mon oreille soudain, les accents du Swahili et du Maa alors que remontaient à mes narines les effluves animales des gazelles ou des lions et l’odeur de la mort qui régnait et que l’on devinait, dans le ricanement des hyènes et le vol des vautours… Deux semaines pendant lesquelles je m’étais joué « Souvenirs d’Afrique » comme l’avait fait avant moi Karen Blixen. Elle avait choisi l’écriture, j’avais préféré le dessin, pourtant, nous avions toutes deux , à notre façon, le même amour immense pour ce continent où la lumière de la vie avait pris naissance. Mais, ce soir, je vais nous créer d’autres souvenirs, en revivant les siens… ceux de mon amant, mon ami, mon aimé… Ses souvenirs à lui, fantasmés, murmurés, avoués… Je vais les lui offrir, comme pour faire renaître une folle jeunesse à jamais envolée. Tout est prêt, il ne manque que lui. Je viens juste de refermer la porte du réfrigérateur lorsque j’entends celle de l’entrée s’ouvrir. Je me précipite à sa rencontre. - Tu es enfin là… Oh ! tu m’as tellement manqué… - C’est gentil ça… répondit-il en m’enlaçant. Tu m’as manqué aussi, ma douce. Le temps m’a semblé bien long… Je retrouve alors la saveur de sa bouche, la chaleur de son souffle et le désir monte aussitôt… Déjà ses mains courent sur mon corps… son sexe enfle contre mon ventre… - Non… attends, mon cœur! Ce soir, c’est moi qui dirige… - Mmmm… je suis à tes ordres, belle dame. - Alors viens… dis-je en m’écartant de lui. Allons dans la chambre ! La pièce baigne dans la pénombre. Un discret parfum de vanille s’échappe des bougies allumées. Je le fais asseoir sur le lit et mes mains détachent un à un les boutons de sa chemise. Impatient, il tente de m’aider mais j’en décide autrement. Je veux prendre mon temps… - Ce soir, tu es à moi et je fais ce que je veux, d’accord ? - Que me réserves-tu, ma douce…dis-moi ? - Tu verras… mais, ça devrait te plaire…Allez, lève-toi que je puisse enlever cela…dis-je en montrant ses vêtements. Il obtempère docilement et me domine de toute sa hauteur. A genoux devant lui, je fais glisser le pantalon de toile écrue et bientôt, il est nu, offert à mon regard… à ma bouche… à mes mains. Mais je me redresse et le repousse doucement sur le lit. - Allonge-toi, mon amour et donne-moi ta main… dis-je en attrapant quatre cordelettes de soie, sous l’oreiller. - Ohhhhh… tu me veux… attaché… tu en es sûre ? demande-t-il en glissant sa main libre sous ma chemise. - Oui… je ne veux surtout pas que tu bouges… - Hummm… Pas de pic à glace sous le lit, au moins ? s’esclaffe-t-il en me tendant son autre main. - Non… juste un couteau… murmure ma bouche dans son cou, tandis que je pose les liens à ses bras écartés. - Et le beurre et le pain ? - J’irai les chercher… As-tu faim ? - De toi… uniquement de toi… Au pied du lit, je me redresse et pose mes yeux sur lui… Il est magnifique… Grand, bronzé, le torse recouvert d’une douce pilosité, il me regarde en souriant, attentif et patient. Un quart de seconde, j’essaie d’imaginer celui qu’il était, vingt ans auparavant. Sans doute moins ridé… plus musclé… moins enrobé… plus échevelé… moins grisonnant… plus insouciant…mais au fond, ça n’a pas d’importance… La maturité lui sied et j’aime ses imperfections…En souriant, j’ouvre un bouton de ma chemise et remonte les manches… - Tu ne l’enlèves pas ? - Non… - Ah ! cruelle… gémit-il les yeux rivés sur l’échancrure qui s’entrouvre à chaque mouvement, dévoilant furtivement la rondeur d’un sein. Sans un mot, je quitte la pièce et reviens aussitôt avec un chevalet. - Tu vas me peindre ? - Oui… je vais te peindre… Il ne dit plus rien, sans doute un peu surpris ou même déçu de la tournure que prennent les évènements. Silencieuse, je quitte de nouveau la chambre et lorsque je reviens, quelques secondes après, il a les yeux fermés. Encore deux ou trois va-et-vient puis, tout est installé et il n’a pas bougé. - Tu boudes, mon cœur? dis-je en me penchant sur lui. - Non… Promets-moi simplement que personne ne le verra… - Ohhh, je te le promets… il sera juste pour moi… rien que pour moi… - C’est quoi ces glaces…demande-t-il en apercevant soudain les deux miroirs sur pied que j’avais installés aux coins du lit. - C’est pour mieux te voir et que tu vois aussi, si tu en as envie… - Alors, vas-y… on ne va quand même pas y passer la nuit… dit-il en grommelant et refermant les yeux. - Je t’aime… - Sais-tu que c’est la première fois que tu me le dis ? me fait-il remarquer tendrement en plongeant son regard dans le mien. - Je sais… - Marie… - Chut… dis-je en posant mes doigts sur sa bouche. Ne dis rien… Il est grand temps de commencer… Allons-y… Il referme aussitôt les yeux. Je me lève et attrape le matériel que j’avais préparé… Je trempe le « blaireau » dans le pot et donne mon premier coup de pinceau. Gilles sursaute et soulève brusquement les paupières, surpris… - Ohhhh… je pensais… - Oui, je sais… dis-je simplement en poursuivant l’esquisse du dessin. - Tu vas me faire mourir… - De plaisir… uniquement de plaisir… Je continue de dessiner et son ventre frissonne sous la douceur des poils. Je m’installe confortablement sur le lit, rassemblant autour de moi divers pots et pinceaux. Eh oui…c’est bien lui que je peins, mais il me sert de toile !!! Sa poitrine est velue et si d’habitude cela m’enchante, ce soir elle est un peu problématique mais, cela ne m’arrête pas. Quelques coups de pinceau et j’arrive sur les mamelons, tourne autour d’eux, les couvre de peinture puis, glisse sur son ventre par lequel j’avais commencé. Il gémit et se cambre… Changement de pot, changement de pinceau, un coucher de soleil apparaît. - Enlève ta chemise, tu vas la tâcher… souffle-t-il en me regardant. - C’est toi qui es attaché, mon cœur, pas elle… regarde !!! dis-je moqueuse en ouvrant deux boutons. Je me penche un peu plus, lui dévoilant mes seins et dirige le pinceau vers le bas de son sexe, remonte doucement et recouvre son gland. - Marie, tu me rends fou… gémit-il sous l’insoutenable caresse. - Pfff… tu as remué ! Comment veux-tu que je réussisse mon serpent? Son sexe bouge sous mes coups de pinceau… Il prend vie, il enfle et il se tend puis se dresse, arrogant et mon amant gémit, se lamente et frissonne puis enfin me supplie… - Il fait chaud, tu ne trouves pas ? lui dis-je innocemment. Je reviens, je vais boire… Aussitôt je saute hors du lit et gambade vers la sortie, lui laissant ainsi quelques minutes de répit. A mon retour, sa respiration est plus calme et son corps apaisé…il a les yeux fermés. - Tu dors, mon cœur ? - Non… répond-il paresseusement . - Je trouve que ce serpent me regarde bizarrement… Gilles ouvre les yeux et me dévisage. - Normal… tu l’agaces… - Ah oui, tu crois ? A-t-il envie de m’attaquer ? dis-je en soufflant doucement dessus. - C’est bien possible… - Mais non, il est si mignon et je n’en ferais qu’une bouchée ! Oh …j’ai oublié les feuilles… - Les feuilles ? Mais déjà, je me suis saisi du pot vert, d’un pinceau éventail et bien tranquillement, répare mon oubli en passant doucement sur ses testicules. - Marie… gémit-il sourdement. - Voilà… c’est mieux ainsi… un petit peu là, peut-être… Oh non… j’ai débordé !!! Tiens, je vais mettre une fleur, dis-je en attrapant la peinture rouge… Et, puis une autre ici… et encore ici… fis-je en posant le pot sur son torse pendant que le pinceau voletait. - Ça sent la fraise, non ? demande mon amant dans un gémissement. - Ah oui ?… Humm… c’est vrai et ça la goûte aussi, dis-je en passant ma langue sur le bout de son sexe… - Détache-moi…je t’en prie…j’ai envie de te peindre… - Ah mais non… c’est moi l’artiste !!! murmure ma bouche avant de se refermer sur lui. Prisonnier des cordelettes, il est réduit à l’impuissance et ma bouche gourmande en profite avidement. Elle goûte, lèche, suce et mon amant gémit et se tord et se cambre. Ma main libère ses jambes en dénouant les nœuds, tandis qu’une audacieuse langue se faufile entre ses fesses puis remonte, lentement, le long de son scrotum. Mes lèvres prennent le relais gobant un testicule puis l’autre, avant de remonter et de happer son sexe, se resserrant sur lui. Elles descendent, coulissent, lui arrachant des cris… Soudain, deux grandes et douces mains agrippent mes cheveux mais, il est bien trop tard et dans un grognement d’animal blessé, il explose dans ma bouche en jets chauds et épais… Ma joue repose sur son ventre et son bras m’entoure, sa main jouant dans les boucles de mes cheveux…J’écoute les battements de son cœur reprendre un rythme régulier… - Tu me laisses te peindre ?…demande-t-il au bout d’un long moment. - J’avais plutôt dans la tête… une douche dorée… - Ahhhhh ?… - Version Marie… dis-je en riant, en déposant un baiser sur son ventre. - Humm…Et c’est quoi ? - Ah tu verras ! Tu me laisses t’attacher ? - Y-tiens-tu vraiment ? fait-il tristement en me regardant. - Non… Mais, tu me promets d’être sage… - Je le suis toujours… Je me penche et attrape, par terre, au pied du lit, une demi-bouteille de « La Veuve Clicquot ». - Ah oui… voilà donc ta douche dorée, me dit-il en posant ses grandes mains sur mes cuisses dévoilées par mes étirements. - J’adore le Champagne… - Mais, moi aussi… donne-la-moi, je vais l’ouvrir… Je la lui tends… bien trop naïvement, sans doute…car il la pose aussitôt sur la table de nuit, se retourne et me fait basculer sur le lit, me recouvrant de son immense corps… - Gilles… tu m’as promis… - Quoi, d’être sage ? Ô mais, je le suis !!! ricane-t-il en m’attachant les bras, comme je l’avais fait pour lui. Si je veux goûter pleinement cette douche dorée, c’est sur toi, mon amour, qu’elle doit être versée alors, enlevons vite cette jolie chemise… Me voilà nue, écartelée, offerte à son regard… à sa bouche…à ses mains. Mais, un bruit sourd se fait soudain entendre…Quelque chose vient de tomber du lit…Il se penche et ramène un paquet enrubanné. - Qu’est-ce que c’est ? demande-t-il surpris. - Un cadeau pour toi… je l’avais mis sous l’oreiller… - Un cadeau ? Mais, ce n’est pas mon anniversaire… Quel jour sommes-nous ?… Aurais-je oublié une date importante ? - Non… non…c’était juste un cadeau, comme ça… Mets-le dans le tiroir et oublions cela… dis-je précipitamment, un peu gênée. - Ah mais non, sûrement pas !!! Si c’est un cadeau, je vais l’ouvrir ! Que se passe-t-il mon amour, te voilà toute rougissante ? susurre-t-il souriant en déchirant le papier ! Le feu envahit mes joues en le voyant déballer le paquet… Et si je m’étais trompée…S’il se sentait offensé de recevoir un tel présent… Soudain, je panique… S’il décidait de se vexer et de s’en aller, comment pourrais-je le retenir, dans la position où je suis ? - Hummmm… très joli… dit-il en plongeant dans mes yeux. Tu l’as choisi pour moi ? Je souffle un oui pratiquement inaudible. Mon cœur bat comme un fou, au fond de ma poitrine… - C’est depuis que je t’ai raconté…Cela t’a excitée, n’est-ce pas ? - …… - Dis-moi, mon amour…veux-tu vraiment t’en servir? - Seulement si… toi… tu le désires ! - Bien sûr que je le veux… Je veux tout de toi, même cela ! murmure-t-il en m’embrassant. J’adore ton cadeau, merci ma douce… Au fait, tu en as un aussi, non ? Où le caches-tu donc ? Je n’ai pas besoin de répondre que déjà il ouvre le tiroir de la table de chevet, saisit une pochette et en sort l’objet convoité. - Nous aurons ainsi, tous deux, de quoi nous amuser… Mais, avant d’étrenner ces superbes trésors, si nous buvions notre Champagne… dit-il en saisissant la bouteille. Pan !!! Le bouchon saute et la mousse monte, monte encore, se déverse doucement sur ma bouche, coule sur mon cou, se répand sur mes seins…sa délicieuse fraîcheur les faisant se durcir instantanément. Tendrement, mon amant me soulève, approche la bouteille de mes lèvres et verse dans ma bouche le liquide pétillant… Une gorgée, une autre, encore une et les petites bulles me montent merveilleusement à la tête. - Gourmande… se moque-t-il gentiment en me voyant promener ma langue sur les gouttes qui tentent de s’échapper. - Humm… J’adore le Champagne… - Moi aussi… Je pousse un petit cri quand Gilles en verse sur mon ventre… Sans être glacé, il est suffisamment frais pour me faire frissonner mais, déjà, de petits coups de langue le lapent, le dégustent, plongeant dans le puits du nombril, glissant vers les plis de l’aine et les frissons s’intensifient. Une nouvelle gorgée et je me mets à rire, renversant un peu plus de ce nectar doré… - Encore… - Tu vas être pompette… se moque-t-il en me donnant une nouvelle rasade dont la moitié déborde inondant ma poitrine. Sa bouche est chaude, avide… Elle happe, avale les gouttelettes, léchant mes seins, les faisant durcir et se gonfler sous ses caresses… Telle une patineuse, elle glisse sur mon ventre, y imprime en douceur d’invisibles arabesques… puis, elle descend encore, se pose entre mes cuisses… Je me cambre, me tord, je gémis et soupire, tout le corps secoués de délicieux frissons. - Détache-moi… je t’en prie… Il pose la bouteille, tire sur les cordelettes et me voilà libérée…Je voulais le toucher et mes mains enfin libres entourent son cou, l’attirent contre moi. J’aime sentir mes seins caressés par ses poils et le poids de son corps qui recouvre le mien. J’ai envie de lui… Tellement envie de lui… Je veux le voir trembler de plaisir et l’entendre gémir sous mes caresses. Je le repousse doucement et il bascule sur le côté puis, sur le dos, m’entraînant avec lui. Ma bouche se soude à la sienne, ma langue s’enroule à sa langue pour un baiser sans fin… Les bulles éclatent dans ma tête et je me sens légère, aérienne, comme en apesanteur… Mes lèvres glissent sur son cou puis, sur son torse, emprisonnent ses mamelons, les mordillent tendrement, tandis que mes mains redessinent ses épaules, ses pectoraux, son abdomen…Ma bouche continue sa douce exploration, traçant d’un souffle chaud la courbe de ses hanches, la rondeur de son ventre et mes doigts à sa suite, suivent le même chemin… Je sens contre ma joue, la douceur brûlante de son sexe dressé qui, sous la tendre caresse, se met à tressauter… Il remonte les genoux puis écarte les cuisses, impudique et offert, les yeux braqués sur moi, regardant chaque geste. Parfois, sur les miroirs, un furtif regard se pose, pour mieux revenir sur mes mains et ma bouche qui, audacieuses, fureteuses, glissent plus bas encore. Son souffle s’accélère et son corps tout entier se met à frissonner lorsque ma langue humide s’aventure, impudente et hardie, au secret de ses fesses au galbe rebondi. Puis, mes doigts téméraires viennent la remplacer pour ouvrir le chemin de son intimité à ce factice sexe que je lui ai offert, par lequel maintenant je deviens son amant. Je le vois s’enfoncer, lentement, doucement, et mon amour gémit sous ma tendre intrusion. Son plaisir devient mien et mon sexe palpite de le savoir ainsi, par ma main, possédé. Je vais et je viens, plus vite, encore plus vite, dans le creux de ses reins, tandis qu’à mon oreille, en langoureuses plaintes, il me crie son bonheur et son ravissement, avant de basculer dans cette jouissance vers laquelle l’a mené ce plaisir différent. Plus tard, il se redresse, m’attire et me renverse, sa bouche sur ma bouche affamée, assoiffée, et d’un seul coup puissant il vient plonger son sexe au cœur tendre et douillet de ma féminité. Il se retire alors pour mieux pouvoir se perdre, d’un autre coup puissant, au plus profond de moi, m’entraînant avec lui dans ce désir/délire où dans un même cri, accrochés l’un à l’autre, nous chavirons ensemble vers les gouffres du plaisir et de l’enchantement… Puis, nous sombrons tous deux, épuisés mais heureux, tendrement enlacés, dans un sommeil sans rêves. .. A suivre


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